Nom de bleu !

Ça n’est pas de sa faute, c’est la faute à personne : quand elle est venue au monde, on  ne lui a pas trouvé de nom ; tous les stocks étaient épuisés, tous les tiroirs étaient vidés (toutes les places étaient prises).

Ça n’empêche pas de grandir, ça pèse juste un peu lourd, souvent : qui vous appelle, qui vous choisit, qui pense à vous quand on ne s’appelle rien du tout ?

Parfois, quand elle est triste, elle appuie son front contre la fenêtre ; au loin, dans l’horizon bleuté, elle regarde les montagnes, et juste au-dessus, une voix semble surgir de la brume, qui dit : « Ton prénom se trouve là-bas. Va jusqu’aux montagnes bleues. »

Un jour où, une fois de trop, on l’oublie, elle se décide : elle va le faire, son voyage, elle va aller chercher son nom.

ella

Dans cette histoire, il y a des rencontres, beaucoup de rencontres : il y a le tapis persan du salon, la pendule neuchâteloise, Monsieur Grumeau qui habite en-dessus, une dame aux ongles trop roses pour ne rien cacher dessous, le Roi Ketchup et toute sa suite, il y a des rires et des soupirs, des frissons et des pirouettes, il y a un piano, un violon, une voix, des mots et des musiques qui se répondent et se rejoignent, des airs à découvrir du répertoire classique et contemporain, des histoires vieilles comme le monde rapportées en bouche-à-oreille – tout cela servi avec bonheur, tendresse et générosité par la Compagnie ContaCordes.

Réalisation

Valérie Bernard violoniste

Katja  Gafner pianiste

Claire Heuwekemeijer conteuse